Calendrier
Dimanche 14 novembre 2004 – 19 h 30
La série des Soirées hors-conte
À quelques reprises au cours de la saison, nous concocterons une grande fricassée des arts de l'oralité, un cabaret de paroles déjantées et désaxées. Sur fond de musiques atypiques, nous juxtaposerons les genres de manière à ce que les Dimanches du conte s'ouvrent à d'autres formes d'oralité. La poésie et le théâtre seront notamment au rendez-vous.
Straight Flush Royal

Pour la première soirée hors-conte de la saison, nous avons déployé une combinaison gagnante avec (de gauche à droite) l'As des petites morts répétitives, Fernand Durepos, le roi du désenchantement chronique, Jean-Sébastien Larouche, la reine des maux dits, Christine Germain, le valet tragico-comique, André Sauvé, et le fou du roi, Jean-Marc Massie. Nos poètes, comédien et conteur seront accompagnés au tourne-disque par le croupier des vinyles recyclés, Martin Tétreault.
Martin Tétreault
Notre homme, platiniste improvisateur montréalais de renommée internationale, est issu du milieu des arts visuels. Son parcours est ponctué de productions variées sur disque compact et de performances sur scène avec divers collaborateurs : Diane Labrosse, René Lussier, Jean Derome, Michel F. Côté, I8U, Otomo Yoshihide, Kevin Drumm, Xavier Charles, Ikue Mori et Many More. Délaissant la citation musicale, sur laquelle son travail se développait depuis ses débuts en 1985, il explore aujourd'hui les qualités intrinsèques du tourne-disque : bruit de moteur, sons parasitaires, etc. Il utilise aussi des aiguilles et des surfaces préparées (merci John Cage) et de petits instruments électroniques. Demeurant analogique, cette approche bruitiste lui permet de ne plus répondre à la question : « Mais que fais-tu des droits d'auteurs ? » et de se faire inviter dans des manifestations de musiques électroniques (!). Lorsqu'il veut se reposer de la musique, il retourne aux arts visuels où il ponce, gratte et découpe des livres, des revues, etc.
Christine Germain
Née en 1971 sur l'île de Montréal. De 1995 à 1997, elle a fait sa marque au théâtre par trois collaborations avec Urbi/Orbi. En 1997, elle a été auteure en résidence au Théâtre d'Aujourd'hui avec le dramaturge Yvan Bienvenue. De 1998 à 2004, elle a coréalisé avec Michel Garneau l'émission Les Décrocheurs... d'étoiles, à la chaîne culturelle de Radio-Canada. Après Textes de la soif. Monologues à voix haute (1999), elle vient de publier chez Planète rebelle le livre-disque Journal Territoire. Bestiaire à têtes de femme. « Un style incisif, quelques intimités qui nous écorchent au passage. Une poésie mordante à lire avec des verres fumés ! » nous prévient-on en quatrième de couverture de ce récent ouvrage...
Jean-Sébastien Larouche
« C'est cru, ça fesse dur et ça laisse un tatouage, juste là, du côté gauche. » Voici ce qu'écrivait Josée Blanchette à propos du premier recueil de poésie de Jean-Sébastien Larouche, Le pawn shop de l'enfer (Lanctôt éditeur). Cet auteur nous livre une poésie urbaine d'un nihilisme positif, empreinte de lyrisme, de vertige et de désenchantement. Jean-Sébastien Larouche écrit de façon telle qu'il arrive à tordre les mots pour en extraire des essences jusque-là insoupçonnées. Laissons son éditeur nous en dire davantage : « J'aime ce nihilisme positif chez Jean-Sébastien Larouche, qui mêle lyrisme, vertige et désenchantement, cette odeur d'animal traqué-traqueur qui annonce les batailles à venir, celles de l'amour, celles de la survie. J'aime son acharnement à jouer avec les mots, sans la posture du poète révolté. J'aime l'étrangeté des images teintées de révolte, les peines et les joies emmêlées dans un corps à corps nécessaire, qui n'a rien d'esthétisant. J'aime son côté outsider, qui ne sacrifie rien aux modes passagères et qui affirme malgré tout la nécessité de vivre et d'écrire pour briser la solitude et mieux s'ancrer dans la réalité. »
Fernand Durepos
Il est né à Montréal en 1962. Ses textes ont été publiés dans plusieurs revues et anthologies au Québec, au Canada anglais, en France, aux États-Unis et au Mexique. Il vient de publier mourir m'arrive aux Éditions de l'Hexagone. Laissons le poète se présenter lui-même : « J'aime penser écrire pour ceux et celles qui vivent et poussent l'émotion au maximum, qui osent se mouiller au risque de prendre quelques claques et de se voir confrontés à eux-mêmes. Si je réussis, par un seul poème, à atteindre quelqu'un qui s'assume et ne renonce à rien, tant face à lui que face aux autres, je suis heureux et prêt à tout recommencer à la seconde même. Pour moi, écrire, c'est respirer, boire, manger, aimer. Et je sais pertinemment que ça ne changera pas jusqu'à mon dernier souffle. J'ai, face à la poésie, un engagement et un abandon total. Publier ? C'est ma bouteille à la mer vers l'autre que je ne connaîtrai peut-être jamais, ma manière de lui dire qu'il n'est pas seul. Seul à vivre, à se démerder, à désespérer mais aussi à rêver. Non pas pour trouver LA réponse, mais plutôt celles qui lui conviendront, à lui. Publier, c'est se faire passeur d'espoir, être solidaire et à l'écoute de l'autre, peu importe qui il est et où qu'il soit. »
André Sauvé
Ce comédien-humoriste est fasciné par l'être humain, par ses manies, ses habitudes, par ses conditionnements qui le maintiennent endormi, mais surtout par les situations qui viennent chatouiller cette anesthésie. Ce qui le captive, ce n'est pas la complexité du grand rouage, mais le petit grain de sable qui le fait grincer.
Explorateur sans limites d'univers improvisés au gré de ses ivresses, sautes d'humeur et autres altérations bio-chimiques, l'animateur des Dimanches du conte et auteur du récit surréaliste La dernière tentation du Lys (Planète rebelle, 1999), se transformera pour l'occasion en narrateur omniscient des âmes damnées et corps lacérés. Enfin, il s'alimentera à même la salive du poète, la recyclant en un jet verbal acide et corrosif propre à traverser les consciences les plus obtuses et les esprits les plus tordus.