Edwige Bage

Ma pratique du conte est née d’un désir : celui de pouvoir à la fois écrire, dire mes textes et jouer tous les personnages de l’histoire sans aucun artifice, aucun objet, sauf parfois une chaise. C’est en 1997, à la Maison du conte de Namur, Belgique, que je découvre cette forme artistique. De retour à Montréal, j’intègre le collectif des conteurs du Sergent recruteur, laboratoire de récits oraux qui présente des soirées de contes tous les dimanches soirs. J’y apprends le plaisir de voir le public, sans le noir du 4e mur. J’y présente les premières ébauches de ce qui deviendra mon premier spectacle solo : La femme aux entrailles rieuses, variations sur la place de la femme.

Au fil des expérimentations et des rencontres avec les conteurs du Sergent recruteur, je me retrouve en France, o je crée Le soleil est dans la lune, spectacle jeune public sur la naissance des astres, ainsi que Plume d’Aventures, pièce contée en duo avec Olivier Villanove autour d’une correspondance entre un petit Français et une petite Québécoise qui essaient de s’en mettre plein la vue. Ce spectacle de conte à deux voix, qui flirte avec dialogues et composition de personnages, me donne envie de renouer avec le théâtre et de mettre le conte en mouvement. Ne voulant plus que le geste appuie seulement la parole, mais qu’il en soit une à part entière, j’intègre l’École de théâtre Jacques Lecoq à Paris, de 2003 à 2005. À la suite de cette formation, je participe à la création de la compagnie Ahuri Théâtre, qui regroupe six comédiens issus de l’école. Nous sommes invités deux mois au Japon pour jouer des scènes absurdes et clownesques, suivre des cours de Tate-do (combats de Samouraï) et de danse Nô. Par le biais de cette danse, je m’intéresse aux jeux d’éventails que les conteurs traditionnels japonais utilisent pour appuyer leurs récits.